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février 06
Franck Couégnat nous a envoyé le scan
de l'article, et le papa de Ludi et de Gaby De Lavison nous a
indiqué le site du Midi Libre...
Entre les deux, nous avons
tout ce qu'il nous faut....
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Édition du 02 Février 2006
Surdoué du squash, Thierry Lincou s’est
construit sur deux cultures...
PORTRAIT : Il est
parvenu là où aucun joueur français de squash ne s’était jamais
hissé: au rang de numéro un mondial. Et a réussi l’exploit d’y
rester une année complète, de janvier à décembre2005.
A 29
ans, Thierry Lincou possède une incroyable collection de titres
nationaux et mondiaux. Aujourd’hui redescendu à la 5e place après
une élimination en quart de finale des derniers championnats du
monde, le leader d’une génération tricolore surdouée veut retrouver
sa place de numéro un.La reconquête débutera avec des championnats
de France relevés, la semaine prochaine, à Nîmes.
« Il y a
quinze ans, j'ai écrit en rouge sur mon ordinateur : Thierry sera
champion du monde en 2002. » Paul Sciberras est un entraîneur
précurseur, un biomécanicien, pas un sorcier.
Le coach
lodévois, qui venait de prendre en main le jeune Lincou, ne s'est
pourtant trompé que de quelques mois. C'est qu'il l'a vite cerné,
l'ado de Saint-Pierre de la Réunion. Un peu de nonchalance insulaire
dans les veines, certes. Mais aussi un vrai talent, des qualités
génétiques de vitesse, un sens aigu de l'adaptation et de la
générosité à revendre.
Côté tête, une maman chinoise lui a
inculqué « l'envie de toujours gagner, de repousser ses limites ».
Côté court, le futur surdoué de la raquette a mordu à l'hameçon du
squash dès l'âge de huit ans sur le premier terrain que son père,
éducateur spécialisé pour enfants en difficulté, a fait construire
sur l'île. Un papa, audois d'origine, fils de paysan, qui lui a
aussi transmis « le sens du travail et l'amour du sport »
Le jeune Lincou, que la
culture bicéphale et les racines ramènent deux fois par an en terre
chaurienne, en a profité. « C'est un plaisir de retourner dans
l'Aude. J'y ai mes grands-parents, des tantes, oncles, cousins... et
beaucoup de souvenirs de vacances, enfant. Je m'y ressource. Mon
équilibre, c'est à la fois ici et à La Réunion. Le mariage des deux
cultures est très enrichissant. »
Un équilibre qui l'a aidé à se construire et à toucher le
Graal. Rigoureux, opiniâtre et perfectionniste sur un court, fidèle,
réservé, attaché à sa famille et les pieds sur terre en dehors,
Thierry Lincou, qui aurait pu être surfeur, joueur de rugby ou
judoka, n'a rien inventé. Il s'est appuyé sur des valeurs que ses
deux entraîneurs ont su exploiter et conjuguer avec ses qualités
naturelles, faisant du champion de France benjamin 1988 le "number
one" du squash mondial.
Dans le cercle fermé des numéros
uns, Thierry Lincou est d'ailleurs une exception. Là où tous les
champions ont lâché les études depuis belle lurette, lui a prouvé
qu'on pouvait concilier les deux, enchaînant les diplômes avec
mention, du BTS "action co" à la maîtrise Staps en passant par les
brevets d'État d'éducateur. Avec, en préparation, un mastère en
management du sport, à l'université de Marseille... Les pieds sur
terre et des chevilles que son statut n'a pas fait enfler, vous
assure-t-on. « Je sais qu'une carrière est courte... »
Et
donc, qu'à 29 ans, il doit profiter des quelques années qu'il lui
reste au plus haut niveau. « Dans le fond, je suis assez zen mais
cette envie de gagner ne me quitte pas. Aujourd'hui, j'ai un titre à
reconquérir. Les autres ne sont pas si loin que ça. Ça me fait du
bien de redescendre un peu et de reprendre mon souffle. J'ai encore
faim de victoires et d'émotions fortes. »
Fraîchement
intronisé Chevalier dans la Grande confrérie du cassoulet de
Castelnaudary, Thierry Lincou n'en a pas fini avec la défense du
lingot. Surtout avec le lingot d'or de numéro un mondial, auquel il
a goûté pendant un an et dont il aimerait retrouver au plus tôt la
saveur.
Patrice ESPINASSE |




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