Championnat du Monde par équipe
WSF Men's World Teams 2013
9 au 15 juin - Mulhouse, France
 


Envoyez un message à Thierry

 


Toute l'info de Thierry

   
 
     
Franck CARLINO   Paul SCIBERRAS
 
     

C’est Claude DUHART qui me sollicite pour aider Thierry (c’était notre sponsor à l’époque).

L’histoire avec Thierry est avant tout une rencontre de deux êtres qui se sont reconnus sur différents aspects...

Tout d’abord, le respect des adversaires, l’humilité et la détermination dans le travail, et enfin la remise en question pour atteindre les objectifs fixés.

De mon côté cela vient de mon expérience de vie mais aussi de joueur car à 19 ans quand je décide de devenir joueur professionnel le monde du squash Français n'y croyait pas et ce fut aussi le cas pour Thierry notamment au départ car nous travaillions à distance via des fax car j’étais à Marseille et lui à St Pierre de la Réunion.

Je lui ai transmis cette idée que le rêve fait partie de nos vies et qu’il faut entreprendre et agir pour les réaliser.

Il y avait donc l’envie de relever un défi, et la conviction au plus profond de lui que la qualité du travail était la solution pour un joueur français qui n’avait pas autour de lui suffisamment de joueurs de haut niveau pour progresser seulement par le jeu et la compétition.


Tout d’abord, la détection des aptitudes de Thierry a été nécessaire et lors de notre premier stage, j’ai pu apprécier ses potentialités. Il était facile de voir ses possibilités physiques, son sérieux, son sens stratégique dans le jeu mais à l’époque, il était critiqué sur sa technique.

Il fallait alors être capable de comprendre son niveau de motivation et sa soif d’apprendre. Tous ces éléments m’ont convaincu qu’il pourrait évoluer sur tous les aspects du jeu et donc qu’il avait le potentiel de devenir un top dix sur le circuit professionnel.

 

Jusqu’à la médaille de bronze de Thierry au championnat du monde junior, mon travail consista à lui donner toutes les bases nécessaires en lui apportant mon expérience et mes compétences (techniques, tactiques, stratégiques et mentales) mais en lui affirmant qu’il devait garder les oreilles grandes ouvertes car il y a toujours à apprendre de tous et de chacun.

A. Tout d’abord, il a fallu gérer les critiques, l’inquiétude des coachs en place avec la concurrence que nous représentions et trouver des solutions pour permettre à Thierry de rester à la Réunion.

Tout d’abord, le travail à distance avec des plans envoyés par fax :

• la création d’indicateur de mesure de la performance à atteindre pour qu’il apprenne à évaluer ses progrès,
• la fixation d’objectifs adaptés à son niveau pour ne pas le démotiver et le surentraîner.
• un autre point était de bien calibrer sa charge de travail squash car il devait passer son bac.
• faire venir des joueurs avec la Ligue de la Réunion pour lui et les autres joueurs de l’île.

Mon rôle fut alors de maintenir une synergie entre différents acteurs impliqués, club, fédération, ligue, entraîneurs, sponsors, sa famille.

La confiance de ses parents dans mon approche (ils hésitaient à l’envoyer dès 15 ans en France) fut déterminante. Effectivement, la force de Thierry venait aussi du fait qu’il vivait dans un environnement familial et amical très favorable.

Pour réussir cela avec un adolescent il fallait prendre les coups pour lui. Il avait de son côté déjà beaucoup d’exigences à gérer, car il menait de front ces études et le squash. Ce fut un succès, bac D avec mention avec un an d’avance, de plus une médaille de bronze aux mondiaux juniors et trois titres juniors en France.



Par contre pour ma part, je n’avais pas la côte. Réussir ainsi avec Thierry et dire à tous que Paul avait raison sur son travail de préparation physique était mal vécu.

B. En parallèle, j’avais avancé avec Paul. Son travail de recherche qu’il valide par l’expérimentation sur un volume important de joueurs donne des analyses fiables sur différents points fondamentaux de ce sport :

• la maîtrise des processus métaboliques pour la préparation physique était de notre part déjà utilisé de façon juste. (À cette époque nous nous sommes battus pour prouver que ce sport était un sport "d’endurance".)

• le travail de musculation dont la dimension excentrique est fondamentale, une révolution à l’époque.

• le travail sur les déplacements, complémentaire au travail de musculation.

• le traitement de l’information et comment développer les capacités d’anticipation et stratégique d’un joueur.

• l’évaluation sur la base de critères de mesures du niveau à atteindre en vitesse, précision de jeu et au niveau physique.

Tous ces points faisant partie intégrante du travail de formalisation de Paul appelé l’approche systémique.

Pour la petite histoire, ce travail, je le transpose tous les jours dans mes missions de conseil en ressources humaines au sein d’entreprise nationale et internationale (tous les chemins mènent à ROME)

Tous ces points furent discutés entre nous et nous nous sommes croisés, lui avec son approche de recherche et moi avec mes connaissances pratiques de joueur.

Le management d’un projet qui dure depuis 15 ans est exigeant tant sur le plan des connaissances à développer en permanence que dans la capacité à absorber le stress, le doute des acteurs impliqués.

La force nécessaire est de pouvoir garder le cap tout en étant capable de se remettre en question et prendre en compte les évolutions individuelles.

L’enjeu est le maintien des équilibres, l’écoute et la capacité à trouver des solutions, source de consensus pour tous.

Il est fondamental de se battre pour progresser vis-à-vis de l’extérieur et non pas en interne au sein de l’équipe en place pour mener à bien les projets.

L’énergie doit être au service de l’écoute, l’ouverture et l’action sans laisser la place au doute, au stress et à l’égoïsme.

Au-delà de ce travail sur le sport et les études pour Thierry, mon appui consistera aussi tout au long de sa carrière à lui apprendre à se promouvoir sur le circuit, auprès des sponsors et à devenir autonome sur les négociations à mener avec les clubs, les partenaires, la fédération.
 

À posteriori, ce que j’ai appris est que la vision stratégique ne s’élabore qu’au fur et à mesure des expériences pratiques. C’est aujourd’hui que l’on peut imaginer formaliser ce projet afin qu’il puisse servir de repères pour les plus jeunes et donc en faire une approche stratégique de projet pour le haut niveau dans le squash.

Très cordialement.

 


   Il est difficile de parler de soi, je vais essayer d'être sobre et bref.

Professeur d'éducation physique et sportive (d'EPS), j'ai toujours été branché compétitions, entraînements affrontement, etc. En plus de mon rôle d'enseignant que je considère comme le plus beau métier du monde, EPS signifie également pour moi : entraînement à la performance sportive.

J'évoluais dans le hand ball depuis plus de 20 ans, quand je découvre le squash en 1978 par l'intermédiaire d'un ami. Tout de suite, j'ai compris que cette activité, bien orientée, pouvait être une matière d'éducation et d'enseignement. Très vite je ficelle un projet éducatif et je sensibilise, les collègues professeurs d'EPS de mon secteur, à l'intérêt du squash comme matière d'enseignement.



Dès 1980, les élèves des environs des deux clubs Marseillais (du Prado et du Set squash) pratiquent l'activité dans le cadre de leur emploi du temps scolaire.

Ce fut un succès, 2000 enfants sont initiés à la pratique sous la responsabilité de leur professeurs. Et voilà plus de 20 ans que cela dure. Le SIUAPS (service inter universitaire des activités physiques et sportives) a suivi et également la faculté des sciences du sports (UFRSTAPS).

En 1983, j'offrais à la Fédération de Squash, un ouvrage intitulé : « Squash, l'entraînement programmé » (375 pages). C'était une réflexion sur la méthodologie de l'entraînement et de la planification des sportifs de haut niveau. Au début, je ne voulais surtout pas m'investir dans quoique ce soit, j'avais suffisamment de quoi faire en dehors de cela. Il n'était pas question pour moi que je m'investisse dans les cours.

Devant le peu de réactivité à mes écrits, je me suis dit, « puisqu'ils ne veulent pas le faire, je vais le faire moi même ». J'avais déjà de bonnes notions dans le domaine des sciences du sport, mais je me suis intéressé plus en profondeur à la biomécanique, à la physiologie de l'effort musculaire, à la psychologie cognitive et au fonctionnement mental.

Ce qui m'a permis de mettre quelques concepts

La préparation généralisée du sportif de haut niveau (ouvrage sur une approche systémique en squash, 375 pages).

La régularité combative (squash sport d'attaque et jamais de défense)

Le concept de l'entre deux frappes (démarche technique personnalisée)

Le concept des étoiles pour le travail de la puissance maximale aérobie squash.

Sur la demande de la fédération j'ai mis en place les contenus du BE2.


J'ai porté une réflexion sur :

La préparation physique spécifique (mise en place de tests spécifiques)

La préparation cognitive spécifique (publication sur le déplacement et l'orientation),

La préparation mentale spécifique (ouvrage sur les représentations mentales)

L'enseignement du squash (ouvrage sur la didactique du squash).

La technique du squash (ouvrage sur une étude biomécanique de la frappe).

Ma réflexion principale porte depuis 26 ans sur comment réussir conjointement son sport de haut niveau et ses études de haut niveau.

Je m'occupe de la planification et des entraînements de Thierry Lincou depuis 14 ans.




Bien sûr je me suis occupé de pas mal de personnes, petits et grands, débutants et confirmés, je reste malgré tout un éducateur dans l'âme. Je ne supporte pas la mauvaise foi et la tricherie.
 


J'ai passé la majeure partie de ma vie avec toute cette jeunesse sportive qui m'a beaucoup apporté et enrichie.

 

Le rôle de l'entraîneur consiste essentiellement à faire en sorte que le joueur soit dans l'appropriation active du savoir, dans le savoir faire et le faire savoir. Ceci suppose la création d'un programme instituant les compétences verticales et les compétences transversales.

L'entraîneur met en place un système d'échanges, une pédagogie interactive, vue sous l'angle de la réciprocité en facilitant la réflexion du joueur.

Ceci se traduit de la part de l'entraîneur par : l'explication (faire connaître à l'autre), l'application (faire adhérer à), l'implication (amener dedans), la réplication (pouvoir donner le change), la duplication (être capable de refaire, de reproduire), la complication (connaître ensemble) et la simplification (réduire à l'essentiel, épurer).

Le joueur ne doit pas avoir peur d'être différent quand il s'agit de développer la différence qui fait la différence. Cette précieuse singularité est surtout valable à partir du moment où l'entraîneur a une idée précise du chemin qui mène à la distinction recherchée.

L'acquisition de l'autonomie demande des efforts aussi bien de la part de l'entraîneur que de la part du joueur.